
Les types de grues mobiles et à quel chantier chacune correspond
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« Il nous faut une grue de 50 tonnes, la charge fait 12 tonnes. » Cette phrase est prononcée tous les jours, et elle est fausse une fois sur deux. Une grue annoncée pour 50 tonnes lève 50 tonnes dans une seule configuration : flèche courte, portée minimale, contrepoids complet. Dès que la charge s'éloigne, la capacité s'effondre.
Le document qui fait foi s'appelle le tableau de charges, ou abaque. Il est dans la cabine, il est opposable, et savoir le lire évite de commander la mauvaise machine.
C'est la distance horizontale entre l'axe de rotation de la grue et le crochet — pas la distance entre le camion et la charge, ni la longueur de flèche. C'est la variable qui compte le plus. Doubler la portée peut diviser la capacité par quatre ou davantage.
Chaque colonne de l'abaque correspond à une longueur de flèche télescopée. Pour une même portée, plusieurs longueurs de flèche sont possibles ; les capacités diffèrent. La flèche la plus courte qui atteint le point de dépose donne toujours la meilleure capacité.
Une abaque n'est valable que pour une configuration de lest donnée. Une machine arrivée avec un lest partiel — parce qu'on a économisé un camion — ne suit pas la même abaque. C'est une erreur fréquente et coûteuse.
Sur certaines machines, la capacité varie selon que la charge est levée à l'arrière, sur le côté ou à l'avant, en fonction de l'écartement des stabilisateurs. Un écartement réduit — parce que la rue est étroite — réduit l'abaque, parfois de moitié.
La valeur lue dans le tableau est la charge brute. Elle inclut tout ce qui pend au crochet, et pas seulement la pièce à lever. Il faut en déduire :
Sur une machine de tonnage moyen, cet ensemble représente couramment une à deux tonnes. Sur les grosses machines, davantage. La charge nette — ce que vous pouvez réellement lever — est ce qui reste.
Prenons une machine dont l'abaque, à contrepoids complet, donne les valeurs suivantes :
| Portée | Flèche 20 m | Flèche 30 m | Flèche 40 m |
|---|---|---|---|
| 6 m | 50,0 t | 36,0 t | 24,0 t |
| 10 m | 28,0 t | 24,5 t | 19,0 t |
| 16 m | — | 13,0 t | 11,5 t |
| 24 m | — | 6,8 t | 6,4 t |
| 32 m | — | — | 3,6 t |
Valeurs illustratives : chaque machine a sa propre abaque, c'est celle du constructeur qui fait foi.
La charge de 12 tonnes de notre exemple de départ passe sans difficulté à 10 mètres de portée. À 16 mètres, on est à la limite. À 24 mètres, cette machine « 50 tonnes » ne convient plus, et il faut monter d'une classe — ou rapprocher la grue de la charge, ce qui est souvent moins cher.
Toutes les grues modernes embarquent un limiteur de moment de charge, qui bloque les mouvements avant le basculement. C'est un filet de sécurité, pas un outil de planification. Une opération conçue pour terminer à 98 % de l'abaque n'a aucune marge : il suffit d'une élingue plus lourde que prévu, d'une charge mal estimée ou d'un coup de vent pour que le levage s'arrête, machine en l'air et chantier bloqué.
La règle professionnelle est de conserver une marge, et de la conserver dès l'étude, pas au moment de lever.
Parce que le tonnage nominal correspond à la portée minimale, flèche rentrée, contrepoids maximal — une configuration où l'on ne travaille presque jamais. La capacité utile dépend de la distance entre la grue et la charge.
Dans la cabine, sous forme de tableau papier et dans le calculateur de bord. Le loueur peut vous transmettre la page correspondant à la configuration prévue avant l'intervention : demandez-la, c'est le meilleur moyen de valider le choix de machine.
Non. Un crochet, une charge. Le levage synchronisé à deux grues existe mais relève d'une étude spécifique, avec plan de levage, coefficient de répartition et chef de manœuvre unique.
Cela dépend de la machine, de la longueur de flèche et surtout de la surface de la charge. Le constructeur donne une vitesse maximale admissible pour chaque configuration ; une charge « voile » comme un panneau ou un bardage impose une limite plus basse. En pratique, l'arrêt se décide bien avant que le vent ne devienne inconfortable au sol.

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